Post du 26 octobre 2019

Vous vous doutiez sûrement que notre prochain article traiterait du zéro déchet ! 
Découvrez 18 actions pour tendre vers des cosmétiques zéro déchet. 
L’idée est toujours de se faire plaisir, mais par quoi commencer ? Quels sont les trois niveaux possibles pour des cosmétiques zéro déchet ? Qu’en est-il des contenants et des emballages, recyclés ? recyclables ? Et les ingrédients, achetés en vrac ou emballés ? Quels sont leurs provenances et leurs modes de production ?

Par où je commence ?

Niveau 1 : J’achète mes cosmétiques naturels et bio

Si l’on souhaite respecter les 5 R du zéro déchet (Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Redonner à la terre, c’est-à -dire composter), le premier geste serait de trouver des alternatives aux contenants plastiques. A ce propos, vous trouverez une analyse intéressante des contenants cosmétiques sur le site de la Slow Cosmétique et une autre sur les microplastiques dans les cosmétiques. Alors, quel est le produit cosmétique qui utilise le plus de plastiques et contient le plus de perturbateurs endocriniens ? Le shampoing ? Le produit de douche ?
Peu importe, l’idée c’est de choisir un cosmétique que l’on veut zéro déchet. Partant du principe que “le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas”, mon conseil serait de privilégier les cosmétiques solides et de commencer par le shampoing solide, ce qui pourrait éviter plus de 500 millions de bouteilles en plastique jetées chaque année issues de shampoing liquides.
Oui, mais lequel ? On trouve vraiment de tout sur le marché, celui qui ne mousse pas, celui qui pique les yeux, celui qui ne lave pas … ! “Alors comment savoir ?” est la remarque que j’entends souvent. Regardez la composition : il vous faut en proportion au moins une part d’huile végétale (le jojoba va très bien), qui va nourrir le cheveux et équilibrer le cuir chevelu, pour une part de poudre végétale (argile, rhassoul ou shikakai, mon préféré !), nettoyant, mais qui peut assécher en absence d’huile végétale, et le reste est constitué de tensioactifs (SCI ou SCS, des dérivés de l’huile de coco) ou autres. Vous trouverez une liste des magasins de la région où vous pourrez trouver vos shampoings solides sur le site de Carouge Zéro Déchet. Lorsque vous aurez trouvé le vôtre, vous ne pourrez plus vous en passer !
Après choisissez un second cosmétique et procédez de la même manière.
Voici une liste pour limiter vos déchets cosmétiques. Vous pouvez l’imprimer et cocher chaque action que vous avez faite. L’idée est toujours de se faire plaisir, en limitant les impacts négatifs sur notre environnement et en tendant vers le zéro déchet (voir l’article sur l’écologie intérieure du site “En vert et contre tout”).

18 actions pour limiter mes déchets cosmétiques:
1. Remplacer mon shampoing par un shampoing solide. 10. Remplacer mon mascara par un mascara écologique.
2. Remplacer le gel douche par un gel douche écologique ou un savon de marseille. 11. Remplacer mon rouge à lèvres par un rouge à lèvres végétal ou par un Aker Fassi (rouge à lèvres berbère à base de poudres végétales, attention aux faux).
3. Remplacer mon déodorant qui contient plein d’allergènes et/ou de perturbateurs endocriniens ? (voir l’application Clean Beauty qui vous renseignera tout de suite) ou mon spray déo en alu (!) par un déodorant écologique. 12. Remplacer mon vernis à ongles par un vernis écologique ou ne plus me vernir les ongles.
4. Remplacer le dentifrice par un dentifrice solide ou une pâte zéro déchet. 13. Remplacer les cotons démaquillants par des cotons lavables en tissus.
5. Remplacer mon parfum (pour sa composition voir à nouveau l’application Clean Beauty) par un parfum à base d’alcool et d’huiles essentielles.14. Remplacer les cotons-tiges par un cure-oreille.
6. Remplacer mon démaquillant (voir Clean Beauty) par un mélange biphasé moitié huile végétale (Jojoba par exemple), moitié hydrolat (fleur d’oranger, bleuet ou autre). 15. Remplacer mon rasoir par un rasoir de sûreté.
7. Remplacer ma crème de jour par une huile végétale de mon choix. 16. Remplacer ma brosse à dents par une brosse en bambou compostable ou une brosse en plastique recyclé à tête remplaçable ou un bâton de Siwak, si vous en trouvez !
8. Remplacer mes crèmes pour le corps, les mains, les pieds, par des baumes végétaux et sans huiles minérales !17. Remplacer les mouchoirs en papier classiques par des mouchoirs écologiques ou des mouchoirs lavables en tissus.
9. Remplacer mes crèmes par une éponge de konjac 100% naturelle (hydrate, enlève l’excès de sébum, nettoie les pores en profondeur, élimine les points noirs et rééquilibre le pH de la peau). 18. Réutiliser mes emballages cosmétiques.
Les déodorants écologiques contiennent de la cire d’abeille, de la fécule de maïs, du bicarbonate de soude et de la huile végétale de coco. Si cela devait vous provoquer des irritations, préférez un spray ou un déo sans bicarbonate (la plupart du temps utiliser du bicarbonate fin suffit à régler le problème, voir un prochain post).
En ce qui concerne le rasoir de sûreté, je n’ai plus de bouton, ni même de rougeurs depuis que je l’ai adopté  !

 

Pour continuer,

Niveau 2 : Je fais mes propres cosmétiques !

Le grand avantage de faire ses propres cosmétiques, à part le fait que ça sent bon et qu’on en connaît la composition, est d’ordre économique. Un ami m’a parlé d’une crème faite maison et vendue 50.- ! Une autre du prix d’un cosmétique maison qui ne doit pas être trop bas pour indiquer une certaine qualité. D’accord, si l’on utilise de l’huile essentielle de rose (plus d’1.- la goutte), avec de l’huile végétale de rose musquée et de l’hydrolat de rose, mais en faisant le calcul lors de nos ateliers, nous avons vu qu’une crème pour le visage revient environ à 8.-, contenant inclu !
Bref, le plaisir et les avantages de préparer ses propres cosmétiques sont nombreux. La question du zéro déchet se pose alors lorsque l’on achète ses ingrédients et les contenants : en vrac, compostables, recyclables ou réutilisables ? A nouveau, la liste des magasins locaux aidera beaucoup (aller voir le site Zéro Déchet de votre région) !
Renseignez-vous aussi sur leur provenance et leur mode de production, cela peut parfois être très intéressant ! L’idée étant, lorsque c’est possible, de privilégier une provenance locale et un mode de production durable, qui respecte les circuits courts et issu de petits producteurs. Personnellement, je privilégie les huiles essentielles et les hydrolats de l’Ecole romande d’aromathérapie qui contribue « à un partenariat durable avec des petits producteurs ».
Concernant les recettes, vous en trouverez de nombreuses, sur plein de sites. Attention à certaines recettes compliquées provenant de sites comme aromazone, privilégiez plutôt les recettes simples qui ont été testées ! 
Si vous êtes à fond dans le zéro déchet, vous pouvez aussi essayer le no poo, à savoir pas de shampoing du tout.  Cela consiste, soit à étaler la graisse sur vos cheveux en attendant que le sébum se régule (compter quelques mois, ça dépend des personnes), soit à faire une fois par semaine un shampoing à base de rhassoul ou d’argile et d’huile végétale (à laisser poser au moins 15 minutes). A vous de voir le temps que vous avez à disposition. Discuter de son expérience avec la communauté zéro déchet est souvent assez drôle !

Mais quel est le niveau trois du zéro déchet ?

Voici tous les produits se trouvant dans l’armoire à pharmacie de Béa Johnson, auteure du livre « Zéro déchet» (tiré de sa présentation TEDx) et qu’elle utilise quotidiennement : 
Tout d’abord, du bicarbonate de soude pour brosser ses dents (un dentiste dirait probablement que c’est trop abrasif !), puis, comme maquillage, des amandes brûlées sur ses yeux, de l’huile alimentaire sur sa peau et pour finir, de la poudre de cacao sur ses joues ! A vous de voir… !

image tirée de la vidéo youtube: «Deux adultes, deux enfants, zéro déchet | Béa Johnson | TEDxFoggyBottom» 

Nous on vient de tester, c’était super sympa, mais difficile de ne pas manger le chocolat !😋 Voici une petite vidéo de l’atelier « presque » zéro déchet  !
 
En conclusion
«Le meilleur déchet est celui que l’on n’achète/ne produit pas », serait la maxime à retenir, après, on peut continuer à se faire plaisir !